L’histoire de Garrigues

On ne connaît pas l’époque de la première installation de l’homme sur le site actuel du village, probablement, plusieurs siècles avant l’arrivée des romains. La présence de briques et de tessons de poterie et de pièces de monnaies sont les témoins de l’emplacement d’un domaine romain au début de l’ère chrétienne. Il survivra aux vicissitudes des invasions guerres, famines et épidémies.

Un prieuré mentionné au X° siècle succède à ce qui reste du domaine hérité de l’époque gallo-romaine et sera l’embryon de la paroisse du siècle suivant. L’église actuelle en est le témoignage. Petit fief noble d’une famille de Montpellier le village de Garrigues dépend dès le 11° siècle en totalité de la florissante baronnie de Montredon avec plusieurs autres villages dont il n’en restera à la fin du XVI° siècle que 7 avec: Aspères, Buzignargues Galargues-le-petit, Campagne, Salinelles et Saint Amand (quartier des Aires de Sommières). C’est au cours du règne de saint Louis que la baronnie est passée au domaine royal après la rébellion des héritiers du baron de Montredon et qu’elle a été en partie démembrée.

Village essentiellement agricole, la culture de céréales et d’oliviers dispute l’espace à l’élevage des ovins. La pauvreté des sols ne permet pas au village de nourrir une grande population. Les meilleures terres sont destinées aux céréales pour le pain les moins mauvaises à la vigne et aux oliviers et les autres au pâturage ou servent de réserve de bois.

Entre 1530 et 1560, une bonne partie de la population embrasse la réforme et la communauté divisée subit les effets collatéraux destructeurs des différents sièges de la ville de Sommières et des conflits religieux jusqu’à la guerre des camisards de 1703. Toutefois, au cours de ces périodes troubles, la communauté a poursuivi son développement et dispose à la veille de la Révolution de son propre four à cuire le pain, d’une maison de la communauté et de terrains qui lui sont propres et pour lesquels elle ne paye aucun impôt seigneuriaux , elle a de plus racheté les 1/6 des droits de fiefs et de lods à la famille du marquis de Villevieille.

La révolution de 1789 avec ses réquisitions de grains et la vente des quelques biens de l’église, connus sous la dénomination de «la clastre», transforme la paroisse en commune et lui donne une administration nouvelle. Le nouveau découpage administratif (1790) et le partage des biens indivis de la baronnie (1809) ne sont pas favorables à la commune.

Après quelques dizaines années difficiles, le développement de la vigne provoque un enrichissement certain des habitants, les terres à blé disparaissent pour faire place à la vigne, les oliviers rejoignent les très mauvaises terres et les bords des vignes disputés eux aussi par les mûriers plus productifs. De très nombreuses terres sont défrichées sur les biens communaux. Les maisons sont agrandies et de nouvelles sont construites, les rues sont à leur tour élargies et alignées.

La crise du phylloxera des années 1870 mettra fin, pour un temps, à cette prospérité et la crise viticole de 1907 l’achèvera définitivement.

Le vingtième siècle verra décroître régulièrement la population et ce dès la fin de la 1° guerre mondiale. Malgré une économie irrégulière car essentiellement lié à la vigne et une faible population le village créera avec Campagne une coopérative viticole (1928) un syndicat intercommunal d’addiction d’eau potable (1931), une Coopérative d’utilisation de matériel agricole ( CUMA le Sillon 1946). Au cours des vingt dernières années, le village verra sa population diminuée pour atteindre 81 habitants en 1975.

Si l’environnement a peu évolué, à l’exception du remplacement de la garrigue par des terrains de plus en plus boisés par les pins d’Alep, le village a vu ses maisons s’embellir et quelques nouvelles villas ont vu le jour. L’église du village a été restaurée par les bénévoles au cours des années 1981-1990. Le village n’a pas connu, malgré la mise en place d’un POS en 1987, une multiplication des constructions avant les année 2016 .

Des efforts d’embellissement ont été entrepris et des gîtes communaux ont accueilli, durant quelques années, de nombreux estivants qui trouvaient en ce lieu un calme et une qualité de vie agréable. Ces gîtes sont aujourd’hui des appartements occupés par des habitants résidents toute l’année.

L’école communale a été ré-ouverte après une fermeture d’une douzaine d’années. Classe unique, elle compte aujourd’hui 17 élèves repartis en deux sections : CM1 et CM2

Garrigues dispose d’une bibliothèque municipale gérée par des bénévoles habitant le village.

Les améliorations se poursuivent avec le plateau de sport, la réfection de l’ancien four communal et l’aire de jeux pour petits enfants.